Sur la dalle (2023) – Fred Vargas

Viens donc faire un tour à Louviec…

Toujours une émotion particulière de découvrir le dernier Fred Vargas et surtout de retrouver la brigade de l’inoubliable commissaire Adamsberg, figure centrale des polars de la médiéviste (et désormais activiste « climatique »).

Bien sûr, il n’y a pas que Jean-Baptiste Adamsberg mais également tous ses collègues pas comme les autres qui font tout le charme de cette équipe (et de ces romans): la puissante Retancourt, Danglard l’encyclopédie vivante, Mercadet le narcoleptique… Cette fois, la brigade est envoyée en Bretagne du côté de Combourg, fief de Chateaubriand (dont ils vont bientôt rencontrer le lointain parent- et sosie de l’auteur des « Mémoires d’outre-tombe », le vicomte Josselin, figure locale) afin de tirer au clair une série de meurtres étranges.

Les victimes sont retrouvées un œuf écrasé dans la main, couverts de piqûres de puces fraîches.

La truculente clique d’Adamsberg rejoint l’équipe du commissaire breton Matthieu et, le temps de l’enquête, tout ce petit monde va élire pour QG l’auberge de Johan, hallucinant amphytrion qu’aucune tablée improvisée de 50 policiers ou autant de paniers pique-nique à préparer dans l’heure n’effraie. Le lieu réserve d’ailleurs les instants les plus conviviaux et chaleureux du texte.

En parallèle de la première enquête, une autre se déploie qui s’intéressera à une bande de crapules, amis depuis l’enfance qui continue ses méfaits à grande échelle, entre Sète et Los Angeles. Les deux enquêtes s’emboîtent au départ lointainement mais Vargas a le talent de réussir à coudre les intrigues entre elles de manière aussi surprenante que plausible.

Séances de briefing au chouchen, crêpes fourrées et méditations sur le dolmen pour Adamsberg (toujours en quête d’une bulle d’idées à laisser éclater à la surface de sa conscience) sont autant de jalons de cette enquête menée tambour battant et qui remplit tout à fait sa mission : celle de divertir avec singularité par le charme et la personnalité de ses protagonistes.

Pas mal du tout !

 

Qui suis-je ? Voilà une question difficile à répondre.



Je suis une femme, une mère, une Française, une fille, une amoureuse, une attachée de presse freelance et aussi (et peut-être surtout) : je suis une lectrice. Les livres ont fait bien plus que m’accompagner, me tenir compagnie, bien plus que me sauver du désespoir. Ils m’ont façonnée, ils ont sculpté ma sensibilité, mon âme, ma culture. Ils m’ont faite telle que je suis, je suis le résultat vivant de mes lectures. Ils m’ont tout appris de la vie, de l’amour, des cahots du destin, du courage qu’il faut pour exister. Je pourrais vivre sans écrire, mais je ne pourrais pas vivre sans lire, j’appellerais ça vivre à moitié.

A l’époque difficile, tendance totalitaire, qui est la nôtre, les pages sont plus que jamais indispensables. En 1920 déjà, l’écrivain André Suarès prophétisait que le livre serait « le dernier refuge de l’homme libre » : une affirmation plus que jamais d’actualité.

Et que je compte bien défendre.

Anaïs Lefaucheux
Critique & conseillère littéraire

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