Sur la trace de Lauren Bancale
Dieu sait que j’ai aimé certains Vargas des premières années. « L’homme aux cercles bleus », « Pars vite et reviens tard » et même « Sous les vents de Neptune » me parurent brillants, bien que différemment et avec des imperfections.
Néanmoins, depuis « Quand sort la recluse », on sent que l’auteur s’essouffle. Nous aimions l’imperfection, l’humanité de cette brigade. Les défauts de chacun. La folie douce d’Adamsberg. L’ivrognerie érudite de Danglard, et j’en passe.
Cette dernière cuvée m’a convaincue d’arrêter de lire Fred Vargas. Je ne supporte plus les membres qui composent ce commissariat. De lunaires ils sont devenus caricaturaux. Trop parfaits dans leurs travers pour être crédibles un instant. C’est simple : j’ai tous eu envie de les baffer sur plus de 500 pages. L’invraisemblance de l’intrigue (un tueur fan de Lauren Bacall qui tue « avec égards » ses sosies en dépensant des sommes folles pour les accoutrer parfaitement sur la scène de crime), le scénario attendu, les dialogues absurdes, rien ne va. Dès le début, j’ai compris qui était l’auteur. Aucune subtilité, que des dialogues débiles et inauthentiques entre les personnages. Une virée clichée à Los Angeles sur la trace du « The Look ». Des fulgurances incompréhensibles et artificielles du commandant. Une brigade qui n’a plus rien de ce qu’elle fut car tout est trop parfait pour être honnête : l’un qui érige le service du café en art digne de « beauté », le Danglard qui débite son savoir comme une machine désincarnée, Froissy qui prépare les sandwich et les médications comme aucun autre spécialiste, les dialogues imbéciles avec les jeux de mots lunaires que tout le monde attrape comme si de rien n’était… Tout est du foutage de gueule intégral.
Comme si un commissaire de la trempe de Jean-Baptiste Adamsberg était incapable de piger ni de proférer le moindre mot dans la langue de Shakespeare. Ni de retenir à plusieurs reprises qu’on dit « Anne Boleyn » et non « Anne de Boleyn ». Comme si ses échanges avec son hispanophone de voisin avaient une quelconque réalité linguistique. Sans parler de ce voyage aux USA où ils tombent miraculeusement sur des gens qui se souviennent de tout 50 ans après et maîtrisent parfaitement le français.. Du grand n’importe quoi, de bout en bout.
D’attachants, les personnages qu’on retrouvait avec tant de plaisir de roman en roman, sont devenus exaspérants.
Je ne saurais dire à quel point ce dernier opus m’a semblé surfait, stupide et bâclé.
Ceux qui lui ont attribué une bonne note n’ont jamais dû lire un Vargas du début. Celui-ci est une arnaque totale- et le fait que l’auteur soit une proche des Macron n’a fait que renforcer ma défiance à son endroit.
Inutile de dépenser 23€ pour cette merde sans intérêt. Passez votre chemin. Vous perdez votre fric (et votre temps, ce qui est sans doute encore plus précieux).




